Hashtag- Rentrée littéraire 2019 sur ARTSETCULTURE.CA

J’ai oublié d’être Sagan- Nassira Belloula
La mort habite ici- Laurence Caron-C.
La tarot de Cheffersville- Felicia Mihali
https://www.artsetculture.ca/editions-hashtag-rentree-litteraire-automne-2019/?fbclid=IwAR2FrBHioRLQhNdwgplFGJDPBRDE9bzaerWIAgIy0RWKt9CSQTJgvxuW Le coeur demeure dans le berceau- Jila Mossaed

Laurence Caron, premier.e intervenant.e trans+ au GRIS-Québec

https://www.fugues.com/254192-article-laurence-caron-premier-e-intervenant-e-trans-au-gris-quebec.html?fbclid=IwAR2MOYF_3X4HU0q_Mofzq6sNYM-

«Je veux donner aux jeunes ce que je n’ai pas eu et ce que j’aurais eu besoin pendant ma transition, raconte en entrevue à Fugues Laurence Caron-C., premier.e intervenant.e trans+ au GRIS-Québec depuis mars. Ça m’a pris 25 ans avant de comprendre que j’étais trans. Quand j’étais au secondaire, on parlait d’hommes, de femmes et, parfois, de quelqu’un qui est pogné dans le corps d’une autre personne. Il n’y avait rien entre les deux.»

Conséquence, Laurence a vécu une grande souffrance durant plusieurs années avant de vivre sa fluidité de genre. «J’ai eu des schémas autodestructeurs, parce que j’étais malheureux.se et je ne comprenais pas pourquoi, parce que je ne croyais pas avoir le droit d’exister, parce que je me disais que j’étais un monstre et parce que je n’étais ni un homme ni une femme. J’ai essayé de me suicider par divers moyens. Quand j’ai effectué ma transition, toute ma souffrance s’est éteinte. Je veux donc éviter le plus possible que les jeunes trans vivent ce que moi j’ai vécu à leur âge. Je veux leur présenter des modèles positifs de personnes trans, les accompagner et les référer vers des intervenants, parce que moi, j’aurais eu besoin de quelqu’un qui me donne une tape sur l’épaule et qui me dise: “Hey!, ça va bien aller”.»
Le GRIS-Québec élargit ses services aux jeunes trans pour mieux refléter la diversité sexuelle et de genre. Ces derniers fréquentent son milieu jeunesse L’Accès depuis plusieurs années. Laurence travaille dans cet organisme communautaire, à temps partiel (18 heures par semaine), comme intervenant.e d’accompagnement et de soutien pour les jeunes personnes trans, non-binaires, au genre créatif ou en questionnement identitaire. L’autre partie de son temps, cet.te artiste multidisciplinaire poursuit sa pratique artistique en poésie, dessin, peinture, photographie et bijouterie revalorisée (à partir de matières recyclées). «Au GRIS-Québec, j’accompagne l’intervenant jeunesse responsable de L’Accès, Miguel Deshaies. Je peux prendre des rendez-vous avec les jeunes qui se questionnent sur leur identité de genre pour les guider dans leur questionnement, leur expliquer la procédure pour effectuer une transition de genre sociale ou médicale, les orienter dans leur processus de transition de genre, notamment vers des professionnels de santé. Souvent, quand on commence une transition, on n’a pas de modèle, on n’a pas d’idée comment ça marche et on se ramasse un peu dans le noir. Par exemple, j’ai eu la chance d’aider un.e jeune qui ne savait pas comment faire son coming-out à sa famille. Je peux aussi leur expliquer comment demander un changement de nom auprès du Directeur de l’état civil et les accompagner, parce que c’est une procédure extrêmement difficile.»
Étude sur les besoins et services offerts aux jeunes trans
Laurence effectue également une étude pour documenter les besoins des jeunes trans et les services que les organismes communautaires sont en mesure de leur offrir. «Est-ce que nous avons tout ce qu’il faut pour soutenir notre jeunesse trans à Québec et quelle serait la bonne façon de les accompagner?» Par la suite, iel va organiser des conférences à l’intention de divers intervenants de la région de la Capitale-Nationale (Charlevoix, Québec, Portneuf) pour les aider à comprendre les réalités de la jeunesse trans et à orienter leurs interventions. «Par exemple, je vais leur parler de mon expérience, des problèmes que vivent les jeunes trans, notamment des troubles de santé mentale. Un représentant de l’organisme Enfants transgenres Canada et un travailleur social collaboreront au projet.»
À l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie du 17 mai, les cinq GRIS du Québec ont annoncé publiquement l’ajout de la démystification des identités de genre à leur mission. Par conséquent, des personnes trans et non binaires raconteront aussi leur vécu dans les écoles et les autres milieux visités par les cinq organismes québécois. Laurence se sent donc bien préparé.e pour mener à bien son mandat. Outre son expérience de vie comme personne trans, iel a enseigné notamment dans des écoles du Nunavik où iel a dû composer avec les problèmes de santé mentale et les troubles de comportement de certain.es élèves, «malgré un manque criant de ressources». Depuis janvier 2018, iel est marié.e avec le poète Sébastien Emond qui se considère également non-binaire. «Ma pratique artistique est axée sur l’identité, que ce soit par le bâillonnement ou l’émancipation de l’identité. Mes études en arts visuels et en enseignement jumelées à mon vécu me destinaient vraiment à travailler comme intervenant.e au GRIS-Québec.»

« Un maître de l’horreur canadien à ne rater sous aucun prétexte. »

http://www.culturehebdo.com/livres.htm

« Un maître de l’horreur canadien à ne rater sous aucun prétexte. » Une magnifique citation de CULTURE HEBDO à propos du livre L’usine de porcelaine Grazyn de David Demchuk paru aux Éditions Hashtag http://www.culturehebdo.com/livres.htm

Cité Boomers recommande cet été la lecture du livre L’USINE DE PORCELAINE GRAZYN de David Demchuk

Cité Boomers recommande cet été la lecture du livre L’USINE DE PORCELAINE GRAZYN de David Demchuk paru aux Éditions Hashtag. On peut se le procurer en librairie ou sur le site de l’éditeur: http://www.editionshashtag.com/

http://www.citeboomers.com/lectures-en-tous-genres-pour-les-vacances/

Éditions Hashtag sont fières d’accueillir Mattia Scarpulla au sein de l’équipe. Il va remplir la fonction d’éditeur adjoint.

Après avoir travaillé dans le milieu de la danse, Mattia Scarpulla, lecteur chronique depuis l’enfance, a plongé paisiblement au fond de l’univers des mots. Il est un peu italien, un peu français et un peu québécois. Il écrit des poèmes, des nouvelles et des textes de réflexion. Détenteur d’un doctorat en danse et actuellement doctorant en études littéraires – volet recherche et création à l’Université Laval, il s’intéresse aux écrits de l’étranger et de la désidentification, aux représentations des écrivain.e.s, aux genres littéraires hybrides et aux arts pluridisciplinaires. Il anime aussi des ateliers corporels d’écriture et participe à des spectacles littéraires. Il est directeur éditorial de la revue en ligne Le Crachoir du Flaubert. Il a publié col fiato (Manni, 2006), journal des traces (l’Harmattan, 2011), hallucinations désirées et origines en fuite (l’Harmattan, 2018) – récipiendaire du prix Rolande-Gauvin 2018, et Préparation au combat (Hashtag, 2019).

Photo: Atwoodphotographie

Mattia Scarpulla dans la lecture de Mario Cloutier pour EN TOUTES LETTRES

 

Littérature: Bouger ou mourir, telle est la question

Le premier recueil de nouvelles du poète Mattia Scarpulla suit le chemin déjà débroussaillé par cette écriture singulière qui se promène entre l’Italie et le Québec. Au propre et au figuré puisque les contrées ne renvoient parfois qu’à l’imaginaire. Ses histoires ont la bougeotte comme ses personnages quelque fois perdus entre l’insouciance adolescente et un âge adulte peu attirant. L’auteur possède un esprit et un style vivifiants.

Mattia Scarpulla est un peu à l’image des personnages de son premier recueil de nouvelles, Préparation au combat, quelqu’un qui bouge, qui s’active, voire qui déménage. Finissant son doctorat en études littéraires, il est déjà docteur ès arts en danse, poète (deux recueils à L’Harmattan: journal des traces et hallucinations désirées et origines en fuite – , créateur de spectacles littéraires, animateur d’ateliers corporels d’écriture et directeur de la revue en ligne Le crachoir de Flaubert.

Les huit nouvelles de son recueil nous présentent des personnages, jeunes pour la plupart, qui ont adapté une devise pouvant ressembler à « une seule chose ne change pas dans la vie, le changement ». Ces jeunes gens de tous les milieux, souvent Italiens d’origine, ne sont jamais seuls et ne peuvent pas rester en place. Ils ne le supporteraient tout simplement pas.

Donc, ils voyagent ici et ailleurs. Québec, Turin, Tel-Aviv, Rivière-du-loup, notamment. Ils sont à la fois égocentriques et dépendants. Ils sont tourmentés par en-dedans, mais d’une insouciance déconcertante qui peut choquer. Ils changent de lieu et de peau comme ils respirent. L’amitié et l’amour? Ça se prend et puis ça se jette, comme dirait le chantre français mort en Italie.

La nouvelle qui donne son titre au recueil est à la fois une fable sur la disparition-apparition d’enfants – rappelant le climat insolite du thriller espagnol des années 70, Les révoltés de l’an 2000 -, et sur l’apprentissage sexuel. En général, les filles s’aiment et se jalousent entre elles, les garçons se chamaillent presque tout le temps.

Mattia Scarpulla sait aussi créer des atmosphères étranges, même si les récits semblent, à prime abord, hyperréalistes. Dans plusieurs textes, des strophes viennent attirer le lecteur vers un une parenthèse poétique et/ou onirique. Un monde parallèle vécu par les personnages, dans leur tête et leurs tripes.

« Amas d’air d’eau et de chairs suspendus dans la nuit Une vague secoue un corps qui se réveille en nageant dans le ciel Deux étoiles lui demandent une danse Le corps accepte Ils dansent ensemble De petits poissons couvrent toute la surface d’un autre corps Ils l’accompagnent loin du Saint-Laurent Loin de toute terre émergée Le corps apprend la langue des poissons Il vit un siècle sur une île déserte. »

La jeunesse décrite ici a soif et a faim. Elle veut tout voir, sentir, ressentir et vivre avant qu’il ne soit trop tard, avant qu’il ne faille devenir des êtres responsables et se battre, avant d’exploser à cause d’un attentat ou de traverser la rue les yeux fermés.

Ce portrait de groupe, auquel l’auteur n’échappe pas, étant lui-même au centre de la nouvelle Vacances italiennes, fait en quelque sorte l’éloge de la fuite. Si la situation se corse, si l’ennui est au détour d’un regard, si un tout fait penser à un rien, il n’y a qu’à partir, quitter avant de se faire quitter.

Les phrases sont courtes, le rythme soutenu. Le français n’est pas la langue maternelle de l’auteur et c’est ce qui fait, en partie, son charme. Même si l’intrigue se déroule par ici, un subtil dépaysement esthétique se produit. Sans comparer le jeune auteur aux expériences d’un Samuel Beckett ou d’un Agota Kristof avec le français, le fait d’écrire dans une deuxième langue peut offrir à la fois une neutralité et un entre-deux où le français semble « hanté » * par l’italien.

Dans la majorité des nouvelles, le narrateur est omniscient, implacable et acéré dans ses descriptions des personnages. Ailleurs, les images irréelles et les métaphores abondent, laissant le lecteur dans un entre-deux parfois saisissant.

« Margherita a réuni Valentina et Sara parce qu’elle veut agir. Nous devons rentrer en Italie. Nous devons donner l’exemple aux autres expatriés. Nous devons partager nos expériences à l’étranger. Nous devons essayer de changer les choses avant que la dictature ne s’installe définitivement. Margherita n’a pas prononcé une seule de ces phrases. Elles sont là, implicitement, dans les pas de Sara qui tourne en rond, dans la sueur sucrée sur leurs peaux, dans l’odeur caramélisée de bois brûlé qui les enveloppe, dans le contact des cuisses de Valentina et de Margherita contre un trottoir bouillant. Ce trottoir qui menace bientôt de s’effondrer ou de se liquéfier. »

Certes, il y a du plaisir dans la transformation, le changement, les découvertes et les belles surprises qui découlent souvent des pérégrinations des unes et des autres. Un paysage à couper le souffle, une relation sensuelle impromptue, la fête perpétuelle. Les personnages sont placés en état d’alerte, le lecteur également.

Mais derrière cette fausse légèreté causée souvent que par le plaisir du moment, les nouvelles déploient un mal de vivre, une peur du lendemain. Alors pourquoi ne pas tirer du fusil sur la foule, faire l’amour comme on mange de la pizza ou se péter la gueule sur un manège en mouvement.

Ah, la vie ce n’est pas ça? C’est quoi alors?

Cosa? Niente.

Mattia Scarpulla, Préparation au combat, Hash#ag Éditions, 165 pages.