L’EXPRESS de Toronto:Des mois après sa parution en français, L’Usine de porcelaine Grazyn fait encore les manchettes:

Des mois après sa parution en français, L’Usine de porcelaine Grazyn fait encore les manchettes:
Paru dans L’EXPRESS de Toronto.

Tonalité fantastique et lugubre
David Demchuk fait son incursion dans le roman noir

David Demchuk fait son incursion dans le roman noir teinté de fantastique en publiant The Bone Mother (2017), traduit sous le titre L’usine de porcelaine Grazyn. La manufacture en question est située à la frontière entre l’Ukraine et la Roumanie, à l’époque de Staline… où l’inimaginable règne sombrement.

Ce roman mystérieux ranime quelques grandes figures de la mythologie slave, entourées de morts-vivants, sorcières, vampires, sirènes et fantômes. Ils hantent trois villages voisins où peu d’enfants naissent et presque aucune fille.

25 nouvelles
L’éditeur parle de roman d’horreur, mais il s’agit plutôt de vingt-cinq nouvelles portant le nom d’un personnage comme titre. Une illustration accompagne chaque nouvelle et provient de la collection du photographe roumain Costica Acsinte de 1935 à 1945.

À titre d’exemples, Nicolai est un enfant nourri par une louve (comme Romulus et Rémus) et Lorincz porte en lui la chair et le sang de deux personnes (lui et sa jumelle non née). On croise Claudiu qui a le pouvoir d’imaginer une souris, un serpent ou une grenouille, puis de projeter cette image pour que tout le monde la voie. Plus vieux, il a le don de projeter… une personne. Et pas n’importe qui! Son père décédé.

Quant à Roxana, elle devient, à treize ans, aussi forte qu’un homme deux fois plus grand qu’elle. Sa force revêt un pouvoir destructeur, tant et si bien que sa maison et son village disparaissent. S’agit-il d’un monstre avec une âme humaine? «Ou, si tu veux, un humain avec les pouvoirs d’un monstre.»

Voleur de cadavres
Le Grazyn du titre fabrique des dés en porcelaine dont la renommée dépasse les frontières. Il adopte une jeune fille et souhaite la voir devenir son héritière. À dix-neuf ans, Horia apprend cependant que son père est un vivisecteur qui pratique des expériences abominables sur des êtres vivants.

«Il est un criminel, un tueur d’enfants, même. Il est un profanateur, un voleur de cadavres. Toute la fortune et la renommée des Grazyn sont fondées sur des décennies, des siècles, d’actes innommables.»

Auteur torontois
Je ne suis pas un connaisseur de science-fiction ou de romans d’horreur. David Demchuk me semble cependant exceller dans l’art de restituer, dans une tonalité fantastique et lugubre, toute l’horreur sociale et politique de l’URSS de Staline avant la Seconde Guerre mondiale.

Né à Winnipeg, l’auteur vit à Toronto. Dramaturge reconnu et journaliste d’expérience, il écrit pour le théâtre, le cinéma, la télévision, la radio, les journaux ainsi que d’autres médias depuis plus de trente ans.

Écrit parPaul-François SylvestreChroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d’une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *